Du sang, de la bile… et des émotions : pourquoi cherchons-nous depuis 2 500 ans l'origine de nos humeurs ?
« Se faire de la bile », « avoir le sang chaud », « garder son sang-froid »… Et si ces expressions racontaient 2 500 ans d'histoire ? Des quatre humeurs d'Hippocrate aux cinq mouvements de la médecine traditionnelle chinoise, découvrons comment les civilisations ont cherché à comprendre les liens entre corps et émotions, et ce que la science moderne nous en apprend aujourd'hui.
1 - Mais au fait, pourquoi dit-on « humeur » ?
Il est huit heures du matin. Le réveil n'a pas sonné, le café a débordé et vous venez de découvrir un message particulièrement agaçant.
Autant dire que vous êtes de mauvaise humeur !
Quelques heures plus tard, après une promenade et une conversation agréable, votre humeur a complètement changé.
Mais pourquoi utilisons-nous ce mot pour parler de nos émotions ?
La réponse nous entraîne dans un voyage de plus de 2 000 ans. Car, à l'origine, une humeur n'était pas une émotion. C'était un liquide.
Le mot vient du latin humor, qui signifie « liquide » ou « humidité ». Pendant des siècles, on a considéré que certains fluides corporels déterminaient non seulement notre état physique, mais également notre caractère et nos dispositions émotionnelles.
Être joyeux, colérique, triste ou imperturbable ? Tout aurait été une question de liquides et d'équilibre intérieur.
Cette idée peut aujourd'hui nous sembler surprenante. Pourtant, elle a profondément marqué l'histoire de la médecine occidentale.
Et surtout, elle continue à vivre dans nos expressions quotidiennes.
2 - Hippocrate et les quatre humeurs : quand notre caractère dépendait de nos fluides
Direction la Grèce antique, au Ve siècle avant notre ère. Les médecins cherchent alors des explications naturelles au fonctionnement du corps. Ils observent les symptômes, l'alimentation, les saisons et les conditions de vie.
C'est dans cet environnement intellectuel que se développe la célèbre théorie des quatre humeurs.
Présentée notamment dans De la nature de l'homme, un traité du Corpus hippocratique attribué à Polybe, disciple d'Hippocrate, elle repose sur une idée simple : notre organisme serait gouverné par quatre fluides fondamentaux.
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Le sang, associé à la chaleur, à l'humidité et à la vitalité.
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La bile jaune, associée à la chaleur, à la sécheresse et à l'irritabilité.
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La bile noire, associée au froid, à la sécheresse et à la mélancolie.
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Le flegme, ou pituite, associé au froid, à l'humidité et au calme.
À chaque humeur correspondaient également une saison et, progressivement, un tempérament.
| Humeur | Saison | Tempérament |
|
Sang |
Printemps | Sanguin |
| Bile jaune | Été | Colérique |
| Bile noire | Automne | Mélancolique |
| Flegme | Hiver | Flegmatique |
Selon cette théorie, le bon fonctionnement du corps dépendait d'un équilibre entre ces quatre humeurs. Leur déséquilibre était censé expliquer différents troubles.
Au IIe siècle de notre ère, le médecin Galien contribuera largement à systématiser et à diffuser cette conception, qui influencera la médecine pendant plus d'un millénaire.
Nous savons aujourd'hui que cette théorie ne correspond pas à la physiologie humaine. Le sang et la bile existent bien, mais ne déterminent pas notre personnalité de cette manière. Quant à la bile noire, elle ne correspond à aucun fluide anatomique spécifique reconnu par la science moderne.
Mais cette représentation ancienne nous a laissé un héritage inattendu : une bonne partie du vocabulaire que nous utilisons pour décrire nos caractères et nos émotions.
3 - Se faire de la bile, avoir le sang chaud… nos expressions ont la mémoire longue !
Voilà probablement la partie la plus amusante de cette histoire.
Car les quatre humeurs ont donné naissance, directement ou indirectement, à de nombreuses images encore présentes dans notre langue.
Le sanguin : quand le sang s'échauffe
Dans la tradition des tempéraments, le sanguin était considéré comme chaleureux, enthousiaste, sociable et parfois impulsif.
Aujourd'hui encore, nous disons d'une personne facilement emportée qu'elle « a le sang chaud ».
À l'inverse, quelqu'un qui conserve son calme dans une situation tendue sait « garder son sang-froid ».
La température du sang devient ici une métaphore de l'intensité émotionnelle.
Le colérique : attention à la bile !
La bile jaune était associée à un tempérament énergique, volontaire, mais aussi facilement irritable.
Notre vocabulaire en conserve des traces particulièrement savoureuses.
« Se faire de la bile », c'est s'inquiéter.
« Déverser sa bile », c'est exprimer sa colère ou son amertume.
Et lorsqu'une personne est qualifiée de « bilieuse », on évoque parfois son caractère inquiet ou irritable.
Voilà une étonnante destinée pour une substance produite par le foie et qui participe notamment à la digestion des graisses !
Le mélancolique : une histoire de bile noire
Saviez-vous que le mot mélancolie vient du grec melaina cholê, qui signifie littéralement « bile noire » ?
Dans la médecine ancienne, cette humeur était associée à un tempérament sérieux, inquiet ou porté vers la tristesse.
Au fil du temps, la mélancolie est devenue une notion littéraire, philosophique et émotionnelle.
Quant à l'expression « broyer du noir », elle évoque un univers symbolique comparable, même si son origine ne peut pas être directement attribuée à la théorie des quatre humeurs.
Le flegmatique : calme, quoi qu'il arrive
Enfin, le flegme était associé à un tempérament calme, peu démonstratif et difficile à perturber.
Le mot flegmatique a traversé les siècles presque intact dans son sens psychologique.
Nous l'utilisons encore pour qualifier une personne particulièrement imperturbable.
Et que dire du fameux « flegme britannique » ?
Nos expressions sont de véritables petites archives vivantes. Elles gardent les traces d'une époque où les émotions étaient expliquées par les substances du corps.
Toutes ne descendent pas directement d'Hippocrate, mais elles témoignent d'une même manière de relier sensations physiques et vie intérieure.
Et, curieusement, cette manière de penser n'était pas propre à la civilisation grecque.
4 - Pendant ce temps, en Chine… les émotions rencontrent les organes
À des milliers de kilomètres de la Grèce, la pensée chinoise ancienne développait elle aussi des conceptions reliant le corps, les émotions et les rythmes naturels.
La médecine traditionnelle chinoise (MTC) s'appuie notamment sur les concepts de Yin et Yang, de Qi et des cinq mouvements, également appelés Wu Xing.
Ces cinq mouvements sont le Bois, le Feu, la Terre, le Métal et l'Eau.
Ils représentent des catégories symboliques permettant de décrire des transformations et des relations. Chaque mouvement est traditionnellement associé à certaines fonctions corporelles, à une saison et à une émotion.
| Mouvement | Organe associé | Émotion |
|---|---|---|
| Bois | Foie | Colère |
| Feu | Cœur | Joie |
| Terre | Rate | Souci, rumination |
| Métal | Poumon | Tristesse |
| Eau | Rein | Peur |
Attention : les « organes » de la MTC ne correspondent pas exactement aux organes anatomiques décrits par la médecine moderne. Ils représentent également des ensembles de fonctions dans un système traditionnel.
Le foie et la colère : une étonnante rencontre
Revenons à notre expression « se faire de la bile ».
Dans la tradition occidentale, la bile est associée à l'inquiétude, à l'irritabilité et à certains tempéraments colériques.
Or, en MTC, le foie est traditionnellement associé à la colère.
Certaines descriptions évoquent même un « feu du foie » ou une montée du Qi du foie.
Le rapprochement est tentant !
Mais il ne faut pas en conclure que les deux traditions décrivent un mécanisme physiologique identique.
Nous sommes face à une ressemblance dans les représentations symboliques, pas à une équivalence scientifique.
La pensée chinoise décrit également certaines émotions comme des mouvements : la colère peut être associée à une dynamique ascendante, tandis que la peur est rapprochée d'un mouvement descendant.
Et nous-mêmes, ne disons-nous pas que la colère « monte », que la tristesse nous « submerge » ou qu'une émotion nous « bloque » ?
Ces expressions françaises ne proviennent pas nécessairement de la MTC.
Elles montrent simplement combien nous utilisons spontanément des images corporelles pour raconter notre vie émotionnelle.
Comme si nos émotions avaient besoin du corps pour devenir racontables.
5 - Quatre humeurs, cinq mouvements : deux traditions, une même interrogation
Nous voilà face à deux systèmes développés dans des contextes culturels très différents.
D'un côté, quatre humeurs corporelles.
De l'autre, cinq mouvements symboliques.
Les ressemblances sont néanmoins intéressantes.
| Théorie des quatre humeurs | Médecine traditionnelle chinoise |
|---|---|
| Quatre fluides fondamentaux | Cinq mouvements |
| Associations avec les saisons | Associations avec les saisons |
| Tempéraments liés aux humeurs | Émotions liées aux systèmes fonctionnels |
| Importance des qualités chaud, froid, sec, humide | Importance du Yin, du Yang et des transformations |
| Équilibre des humeurs | Harmonie des mouvements et du Qi |
Trois idées rapprochent particulièrement ces traditions.
L'être humain appartient à son environnement. Les saisons, le climat et l'alimentation occupent une place importante dans les deux conceptions.
L'équilibre est essentiel. Le bon fonctionnement de l'organisme est décrit comme dépendant de relations harmonieuses entre plusieurs composantes.
Le corps et les émotions sont liés. Les manifestations physiques et les dispositions émotionnelles ne sont pas envisagées comme deux réalités totalement indépendantes.
Pour autant, il serait artificiel de faire correspondre chaque humeur grecque à un mouvement chinois.
Les humeurs étaient considérées comme des fluides corporels, tandis que les cinq mouvements représentent avant tout des catégories de relations et de transformations.
Ces deux traditions ne sont donc pas deux versions d'une même théorie.
Ce qui les rapproche n'est pas l'identité de leurs réponses, mais la question qu'elles cherchent à résoudre : comment notre corps, nos émotions et notre environnement interagissent-ils ?
Et cette question demeure étonnamment actuelle.
6 - Ce que la science moderne nous apprend sur nos humeurs
Aujourd'hui, nous savons que les émotions ne dépendent ni de la proportion de bile noire dans notre organisme ni d'une correspondance symbolique entre un organe et un élément naturel.
Mais les recherches contemporaines confirment l'existence d'interactions complexes entre notre corps et notre vie émotionnelle.
L'interoception : percevoir ce qui se passe à l'intérieur
Avez-vous déjà senti votre cœur accélérer avant une prise de parole ?
Votre ventre se nouer à l'approche d'un rendez-vous important ?
Vos épaules se contracter après une journée particulièrement chargée ?
Ces sensations participent à notre expérience émotionnelle.
Les neurosciences étudient notamment un phénomène appelé interoception.
Il désigne les processus par lesquels notre système nerveux perçoit et interprète les signaux provenant de l'intérieur de notre organisme : rythme cardiaque, respiration, sensations digestives, besoins énergétiques…
Ces informations participent à la régulation du corps, mais aussi à notre manière de ressentir et d'interpréter certaines situations.
Nos émotions ne sont donc pas simplement des pensées auxquelles notre corps réagirait passivement. Elles impliquent un dialogue permanent entre le cerveau, les sensations corporelles, nos expériences et notre environnement.
Sommeil, stress, hormones : pourquoi notre humeur change
Nous en faisons régulièrement l'expérience.
Après une mauvaise nuit, nous sommes parfois plus irritables ou moins patients.
Une période de tension prolongée peut modifier notre appétit, notre concentration ou notre disponibilité émotionnelle.
À l'inverse, un repos satisfaisant peut nous aider à mieux faire face aux sollicitations quotidiennes.
Le système nerveux autonome, les hormones et les mécanismes de régulation de l'organisme participent à ces interactions. Mais il n'existe pas une hormone, un fluide ou un organe unique qui déterminerait toutes nos humeurs.
Notre état émotionnel résulte d'un ensemble de facteurs biologiques, psychologiques et environnementaux.
L'axe intestin-cerveau : notre ventre participe aussi à la conversation
« Avoir la boule au ventre », « l'estomac noué », « ne pas digérer une nouvelle »…
Ces expressions décrivent des sensations que nous connaissons bien.
La science étudie aujourd'hui les communications entre notre système digestif et notre cerveau, notamment à travers ce que l'on appelle l'axe intestin-cerveau. Ces échanges font intervenir plusieurs voies : nerveuses, hormonales et immunitaires.
Le microbiote intestinal suscite également un intérêt croissant pour son rôle potentiel dans certaines de ces interactions. Les recherches sont prometteuses, mais elles ne permettent pas d'affirmer qu'une bactérie particulière détermine notre humeur ou qu'une alimentation spécifique suffirait à transformer notre état émotionnel.
Une chose est cependant claire : notre cerveau et notre organisme entretiennent des échanges constants, et notre vie émotionnelle s'inscrit dans cette complexité.
7 - Les anciens avaient-ils donc raison ?
La réponse mérite quelques nuances.
Non, les découvertes contemporaines ne valident pas la théorie des quatre humeurs ou les correspondances traditionnelles entre organes et émotions de la MTC. Les mécanismes proposés par ces traditions ne constituent pas des explications scientifiques reconnues aujourd'hui. Mais leurs auteurs avaient observé quelque chose d'important : notre état physique et notre expérience émotionnelle semblent profondément liés.
Une personne épuisée peut devenir plus irritable.
La peur peut accélérer le rythme cardiaque.
Une émotion intense peut modifier notre respiration ou provoquer des sensations digestives.
Une observation pertinente peut cependant conduire à une explication erronée.
C'est toute la différence entre les savoirs anciens et la démarche scientifique contemporaine. L'intérêt de ces traditions réside donc moins dans leurs explications physiologiques que dans leur manière d'interroger les relations entre l'être humain et son environnement.
Et si l'équilibre n'était pas l'absence d'émotions ?
Nous imaginons parfois qu'une personne équilibrée devrait être constamment calme, positive et sereine. Mais la peur, la colère, la tristesse ou la joie font naturellement partie de l'expérience humaine. Chaque émotion peut nous apporter des informations sur ce que nous vivons, nos besoins ou nos réactions. L'équilibre émotionnel ne consiste donc pas nécessairement à supprimer les émotions désagréables. Il peut aussi résider dans notre capacité à les reconnaître, à les comprendre et à nous adapter.
Certaines pratiques de mieux-être, comme la méditation, la relaxation, les exercices respiratoires ou les mouvements corporels doux, peuvent aider certaines personnes à porter davantage attention à leurs sensations. Leurs effets et leur niveau de validation scientifique varient toutefois selon les méthodes. Ces pratiques ne remplacent pas un accompagnement médical lorsque des manifestations physiques ou des difficultés émotionnelles deviennent intenses, persistantes ou inhabituelles.
Elles peuvent néanmoins nous inviter à une question simple : que ressentons-nous dans notre corps lorsque notre humeur change ?
8 - Nos humeurs ont changé… mais les mots sont restés
Revenons à notre matinée mouvementée.
Vous étiez de mauvaise humeur.
Puis une conversation, une promenade ou simplement un moment de repos a suffi à modifier votre état intérieur.
Votre sang n'est pas devenu plus froid.
Votre bile n'a pas miraculeusement retrouvé son équilibre.
Et votre flegme n'a pas changé de proportion !
Pourtant, votre humeur s'est transformée.
Nous savons aujourd'hui que ces variations résultent d'interactions complexes entre notre cerveau, notre corps, nos expériences et notre environnement. Mais pour les raconter, nous utilisons toujours les mots de nos ancêtres.
Nous avons le sang chaud.
Nous nous faisons de la bile.
Nous gardons notre sang-froid.
Nous sommes mélancoliques ou flegmatiques.
Ces expressions nous rappellent qu'avant même de comprendre les mécanismes biologiques des émotions, les êtres humains avaient déjà remarqué combien leur corps et leur vie intérieure semblaient dialoguer.
Les théories ont changé. Les connaissances ont progressé. Mais la question demeure.
Comment ce que nous ressentons et ce que nous vivons dans notre corps se répondent-ils ?
Une interrogation vieille de 2 500 ans… Et qui n'a décidément pas fini de nous mettre de toutes les humeurs !
FAQ — Les humeurs, d'Hippocrate à aujourd'hui
Quelles sont les quatre humeurs d'Hippocrate ?
Le sang, la bile jaune, la bile noire et le flegme. Leur équilibre était autrefois considéré comme essentiel au bon fonctionnement de l'organisme. Cette théorie appartient aujourd'hui à l'histoire de la médecine.
Pourquoi dit-on « se faire de la bile » ?
Cette expression signifie s'inquiéter. Elle témoigne d'une longue tradition associant symboliquement la bile à certains états émotionnels, notamment l'irritabilité et l'inquiétude.
D'où vient le mot « mélancolie » ?
Il vient du grec melaina cholê, qui signifie « bile noire ». Cette humeur était autrefois associée à un tempérament porté vers la tristesse ou l'introspection.
Quel lien existe-t-il entre les émotions et les organes dans la médecine chinoise ?
La MTC associe traditionnellement le foie à la colère, le cœur à la joie, la rate à la rumination, le poumon à la tristesse et le rein à la peur. Il s'agit de correspondances propres à ce système traditionnel, et non de relations anatomiques scientifiquement démontrées.
Nos émotions peuvent-elles réellement influencer notre corps ?
Oui. Les émotions mobilisent différents mécanismes nerveux et physiologiques qui peuvent modifier notre respiration, notre rythme cardiaque ou certaines fonctions digestives. Inversement, les sensations corporelles participent à notre expérience émotionnelle.
Pour aller plus loin
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Jacques Jouanna, Greek Medicine from Hippocrates to Galen — Pour découvrir l'histoire et l'évolution de la théorie des quatre humeurs.
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CNRTL, Mélancolie — Pour explorer l'origine et l'évolution du mot.
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Khalsa et collaborateurs (2018), Interoception and Mental Health: A Roadmap — Pour comprendre les relations entre sensations corporelles et expériences émotionnelles.
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Mayer (2011), Gut Feelings: The Emerging Biology of Gut–Brain Communication — Pour découvrir les mécanismes de communication entre l'intestin et le cerveau.